Il m'arrive d'avoir tellement de choses à dire que je ne sais pas trop comment mettre les choses bout à bout.
Il m'arrive d'avoir tellement de choses sur le coeur que je ne sais plus réellement quel est le sentiment qui domine.
Il m'arrive d'éprouver tellement de choses que je voudrais m'endormir, juste pour être tranquille pendant quelques heures.
Il m'arrive d'être triste et de ne pas savoir réellement quelle en est la cause.
Il est des jours qui sont moins roses que d'autres. Les oiseaux ne chantent pas le matin, le ciel est gris sale, les chaussures font mal aux pieds, on a des cymbales qui font un
bruit épouvantable dans nos oreilles ou la tête qui va exploser. Bref... ce matin là n'est pas notre matin... et cela se révèlera être la même chose tout le reste de la
journée.
En réalité, ces jours là, personne ne peut réellement justifier de son état mental. Généralement, le temps, le mal de crâne, les oiseaux ou la couleur du ciel... tout nous est plus ou moins
égal. Alors on s'interroge... pourquoi est-ce que soudainement ce matin on a l'impression que rien ne va dans le monde, que tout le monde est triste, seul, vide ? On se regarde
dans la vitrine de l'immeuble près de notre station de métro et on trouve nos jambes trop courtes, nos fesses trop plates, ou nos cheveux trop ternes.
Ces matins là sont toujours un peu difficiles... pendant la nuit, alors qu'on était paisiblement endormie dans les bras de morphée, le doute s'est installé. Alors qu'on aurait dû passer la
nuit calmement emportée par de doux rêves sans nuage, on est restée éveillée toute la nuit à ne pouvoir fermer un oeil, sous peine de se réveiller dans un sursaut horrifiant.
En fait, on a tout simplement pris conscience de quelque chose de particulièrement important, et cela nous trotte encore dans la tête.
Il arrive qu'un homme qu'on apprécie réellement... apprécie réellement les femmes lui aussi, toutes les femmes... et pas uniquement nous. Il se pourrait que ce jeune homme qui finalement
nous attire bien plus ce que ce l'on veut bien admettre, nous ait blessée sans le vouloir... sans le savoir aussi. Il arrive que celui qui partageait certaines de nos nuits se soit
trouvé mieux que celle que nous sommes.
J'ai le chic pour trouver les relations qui ne me demanderont aucune implication sentimentale. Certains vont appeller ça les fuck friends, ou les PCR... moi j'appelle cela une relation
sans attache. Logiquement, ces relations sont fondées sur des bases solides d'instabilité. Personne ne demande rien à personne, on partage les bons moments et jamais les mauvais, on ne parle
que de choses plaisantes, on ne n'aborde pas les sujets qui fachent et surtout on ne parle jamais de la relation elle-même (puisqu'elle est censée ne pas exister).
Ces relations sont particulièrement faciles à gérer... elles ne demandent aucun investissement particulier, il n'y a pas de contrainte, pas d'obligation. Juste un texto de temps en temps pour
finir la soirée dans ses bras. Elles nous donnent l'impression d'avoir quelqu'un proche de nous, sans avoir à lui rendre de compte. On peut vaquer à ses occupations sans avoir à en parler, on ne
voit l'autre que si on en ressent l'envie... et si l'on se trouve un amoureux, un vrai, on met tout simplement cette relation en veille.
Et pourtant, un jour on se retrouve face à un problème.
Alors que notre relation sans implication avait trouvé une certaine stabilité, elle se voit mise en standby sans que l'on puisse y opposer notre véto. C'est bien cela d'avoir une
relation sans attache... chacun est libre de faire ce qu'il veut. Après tout, il nous arrive aussi de délaisser cette relation pour des paturages plus verts, et l'on n'a jamais eu la
moindre pensée pour lui dans ces situations là.
Toutefois, alors que c'est moi qui suis mise à l'écart en ce moment, je me dis que j'aurais tout de même aimé que nous ne soyons pas si libre que cela, que nous n'ayons pas si peu de
contrainte... Je n'aime pas franchement me sentir délaissée pour une autre. Et peut être que cette relation sans attache... je m'y étais tout simplement attachée...
Alors voilà, je me retrouve sans attache, comme je le voulais... enfin, je crois.
Vous avez dit...