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Jeudi 8 mai 2008
communauté : Vive la féminité

Quoi de plus fabuleux, de plus enthousiasmant, de plus excitant pour une jeune femme accro à la littérature, aux découvertes et à l'amour, que de passer une année universitaire à Vérone ? Il faut que je vous le dise, je pars l'année prochaine terminer ma licence à Vérone.

 

Savoir que je commence une nouvelle vie dans quelques mois réveille en moi mon côté névrosée-angoissée particulièrement prononcé. Comment vais-je faire pour tenir pendant un an loin de mon frère, mes amies, ma famille ? Est-ce que je suis réellement capable d'accomplir quelque chose sans le soutien de mes proches en permanence ? Comment vais-je faire pour comprendre mes cours alors qu'à l'heure d'aujourd'hui je ne parle pas un seul mot d'italien ? Vais-je m'en sortir financièrement ? etc...
 

Pourtant, ce n'est pas réellement cela qui m'inquiète. Je sais que ma famille et mes amis seront là à mon retour, je me dis qu'il faut simplement que je relève le défi, et que je me prouve à moi-même que je suis capable de faire quelque chose, de repousser mes horizons. Et pour l'italien, il suffit d'apprendre, c'est ce que je fais de mieux.

 

Il y a cet homme qui compte énormément pour moi. Et j'ai bien peur qu'en m'éloignant de lui, je le perdre définitivement.


Quand je l'ai rencontré, j'avais le « glorieux » titre de maîtresse officielle de X. J'ai eu un véritable coup de foudre. Lui aussi était déjà engagé avec quelqu'un, et l'ayant appris trop tard, je fus totalement incapable de m'éloigner de lui. Alors pendant 3 ans, j'ai continué à le voir, sans rien dire, et tentant de ne pas trop m'attacher à lui, puisqu’on n’avait aucun avenir. Puis, un jour, cette relation a pris fin parce que mon titre de maîtresse officielle de Mr X s'est transformé, et j'ai choisi d'aller vers celui qui devenait libre. Un choix complètement absurde avec le recul.

Quand ma relation avec X s'est terminée, j'ai coupé tout contact avec cette partie de ma vie. Une sorte de prise de conscience un peu tardive qu’il fallait que je passe à autre chose. Pourtant, il est revenu. Mon coup de foudre était là à nouveau, et j'ai replongé avec joie.

 


Aujourd’hui, je sais qu'en disparaissant de sa vie pendant un an, il m'oubliera. J’ai donc étudié toutes les possibilités, organisé des colloques avec mes conseillères sentimentales pour me préparer étant consciente de mon incapacité à exprimer mes sentiments. Je voulais juste lui dire que je veux qu'on essaye, que même si cette histoire semble compliquée, selon moi, elle en vaut la peine. 

 

Après 15 jours de stress, je passe la soirée avec lui, sure de moi. Je passe la soirée à refaire le monde avec lui, parler de son boulot, de la famille, des études. A chaque moment, j'entrouvrais la bouche prête à entamer mon petit laïus sur l’évolution des sentiments et la possibilité de surpasser les difficultés. Mais, à chaque fois, je me suis retrouvée complètement paralysée.  


Au moment de le quitter, j’ai paniqué et j’ai oublié tous mes beaux discours pour dire quelque chose de particulièrement ridicule. Une phrase du genre « si jamais ça ne va plus avec ta copine, penses à moi » à peine audible et dite au moment le plus inopportun. J’aurais préféré être foudroyée sur place que de dire quelque chose d’aussi banal, incompréhensible, et pathétique. C’est tellement loin de l’intensité de ce que je ressens que c’en est presque drôle. J’en étais tellement retournée, que je ne me souviens même plus de sa réponse, en admettant qu’il ait répondu.

 

Quoi qu’il en soit, il faudra que cette situation se clarifie, parce que je ne veux pas partir en ayant des regrets.

 

par Lilitociel publié dans : Question Existentielles
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