La fin d'une relation n'est jamais drôle, aussi bien pour celui qui est quitté que pour celui qui quitte. La fin peut par moment donner lieu à une réconciliation, mais n'étant pas adepte du pardon c'est rarement mon cas; la fin signifie donc uniquement la fin, et c'est déjà pas mal. Pourtant il y a toujours un petit temps après la rupture où l'on se demande quand est ce qu'on va enfin être libérée de l'emprise de son souvenir. Et un jour on se lève le matin sans y penser, notre coeur n'a plus mal, on peut même oser le dire, on va bien. Alors voici comment se rendre compte qu'on est définitivement guérie, sans être obligée de mentir quand on dit que oui on l'a vraiment oublié.
1. On ne se souvient pas de son numéro de téléphone. En fait on l'avait effacé, mais la mémoire est quelque chose de surprenant qui nous avait empêché de l'oublier jusqu'au jour où on essaye de s'en souvenir et plus rien... 06... ben non on ne sait plus.
2. On peut écouter des chansons d'amour. On avait évité les mélodies un peu niaises depuis le jour J, parce que généralement elles nous faisaient pleurer. Ca devenait totalement pathétique donc le mécanisme d'auto-conservation nous poussait à éteindre notre radio et à virer de notre Ipod toutes ces réminiscences. Et un jour on écoute enfin la radio, on télécharge (légalement) nos derniers coups de coeur musicaux, et comble du bonheur, ça parle d'amour.
3. On recommence enfin à regarder les mecs dans la rue. On relève les oeillades langoureuses qu'on nous lance dans la file d'attente du cinéma, de la poste ou dans l'amphi. On envisage même de sortir avec un mec qui nous plait, qui nous plait vraiment.
4. On a perdu l'envie de se venger. C'est sur qu'on y a pensé. Faire de sa vie un enfer, le réduire à néant, lui faire mal et si possible pendant très longtemps. On se réjouissait déjà des cris de douleur qu'il aurait pu pousser, ça nous mettait du baume au coeur dès le matin. Puis, finalement on se rend compte qu'on a tellement de joies dans notre vie et qu'elles sont bien plus forte qu'une pseudo vengeance, alors on abandonne l'idée tout simplement.
5. On y repense sans nostalgie, sans haine non plus, sans tristesse. On se souvient juste qu'on est sortie avec quelqu'un, et qu'il y a eu de bons et de mauvais moments. L'objectivité est la caractéristique principale du souvenir qui nous reste.
6. On peut même lui reparler sans vouloir lui balancer au visage notre bonheur actuel. On ne lui parle pas du fait qu'on l'ait oublié, on ne lui dit pas qu'il nous importe peu de savoir comment il va.
7. Quand on revoit des amis communs, on n'en est plus à déblatérer sur la peine qu'il nous a fait, on demande juste de ses nouvelles, par politesse et par curiosité, et on passe à un autre sujet parce qu'on a beaucoup d'autres choses intéressantes à raconter.
8. Les choses qu'il nous a apprises, on continue à s'en servir en ayant une petite pensée pour lui. Pas parce qu'on arrive pas à faire autrement, mais parce qu'on se rend compte qu'il nous a appris à se méfier de ses silences et qu'il nous a fait découvrir de nouvelles sensations, ne serait-ce que le fait de monter sur un jet ski.
9. On a envie de le remercier. De lui dire qu'il nous a fait grandir, que désormais on est un peu plus lucide sur les relations hommes-femmes, qu'il y a des erreurs que nous ne referons plus. On lui est reconnaissante de ne pas avoir été le bon, et de nous l'avoir montré... parce qu'on se dit qu'on a encore plein de chose à voir, et que le bon arrivera bien un jour.
10. On lui souhaite sincèrement d'être heureux. Pas hypocritement comme le jour où l'on s'est séparé et qu'on lui a dit "bonne continuation", mais parce qu'on est contente de savoir qu'il a trouvé quelqu'un qui lui correspond et qu'il va l'épouser, même si on est consciente qu'on est beaucoup mieux qu'elle. On lui souhaite bonne chance, et on continue notre route, sans regarder derrière.
Vous avez dit...