Voilà un concentré de mes pensées de ces derniers jours, bien évidemment entrecoupées par mes partiels :
"Je le déteste. Je l'aime à en devenir folle. Proust était inspiré phénoménologie. Je le veux rien que pour moi. Je veux qu'il souffre. Il n'a qu'à rester dans son coin à se
lamenter. Woolf, c'est les flux de conscience. Pourquoi il ne m'appelle pas ? De toute façon je ne décrocherai pas. Camus, La Peste, importance de la révolte contre l'absurde. Pourquoi mon
téléphone ne sonne pas. Il m'a oublié. Je le déteste. Il me manque. Utilisation des pronoms personnels régime atones en français médiéval. Je vis très bien sans lui. Je ne lui parlerai
plus jamais, c'est fini. Pourquoi il ne m'appelle pas ??? "
Vous n'avez rien suivit ? Ne vous inquiétez pas, j'ai passé 15 jours à tenter de comprendre ce qu'il pouvait bien se passer dans mon cerveau en surchauffe. Mises à part les réflexions sur Proust,
Camus, Woolf ou Guillaume de Lorris avec lesquelles j'arrive encore à me battre, j'ai eu la désagréable sensation de ne rien maîtriser de ce qui pouvait se passer dans mon coeur.
Je reproche souvent aux gens qui m'entourent, aux hommes que je rencontre de ne pas savoir ce qu'ils veulent. Ils viennent se plaindre auprès de moi parce qu'ils ne sont pas heureux, parce que
leur compagne est constamment sur leur dos. Elles les étouffent et, auprès de moi ils retrouvent la liberté et la fantaisie à laquelle ils aspirent. Le dernier en date est celui qui me fait le
plus mal.
Après avoir passé une nuit entière à se plaindre de sa vie si incomplète, à m'entendre lui dire des paroles rassurantes sur ce qu'il est et ce qu'il peut encore devenir, à lui dire que tout
est possible s'il le souhaite ardemment et que sa seule limite c'est celle qu'il s'invente, il rentre gentillement auprès de sa belle.
Comme cela doit être réconfortant de passer une soirée sans être contredit, sans être mis en péril, à voir dans mes yeux de l'amour et rien que cela. Il n'a aucune contrainte avec moi, pas
d'impératif si ce n'est apprécier simplement le temps passé ensemble. Pourtant, malgré tout cela, il rentre inévitablement, et passe simplement à autre chose. Jusqu'à la prochaine fois où il
aura besoin d'une bouffée d'air... alors, il se souviendra comme par magie de mon existence, il présentera ses excuse si jamais je lui en demande, et moi, je les accepterai parce que je ne vois
pas quoi faire d'autre, et il passera à nouveau une soirée réconfortante.
Cette vie est bien facile pour lui. Après tout, je ne suis pas une de ces filles qui laisse une pince à cheveux chez lui afin que son officielle ait des doutes, je ne suis pas celle qui harcèle
de messages jusqu'à ce que j'ai une réponse. Si elle venait à m'appeler, je mentirais pour le protéger, je nierais jusqu'à mon existence pour ne pas le mettre face à ses faiblesses. Je ne
mettrais jamais en danger ce qu'il a construit, cette illusion qu'il se fait d'un bonheur entaché. Je ne tiens pas à être celle qui rendrait sa vie instable.
J'ai accepté cette situation pendant si longtemps que c'est presque devenu une habitude : ne jamais appeler, envoyer des textos seulement quand on est sure qu'il est seul, ne rien exiger, et
profiter des moments dans ses bras... des règles qui sont devenues des évidences. Je trouvais aussi mon compte dans cette relation, j'ai tant soif de liberté que je pensais que c'était la seule
façon d'avoir cette impression de ne pas être enfermée, même dans une cage dorée. Et puis, j'ai toujours eu cette sensation que quelque chose de mieux m'attend ailleurs.
Pourtant, je ne supporte pas chez lui sa tendance à se contenter de ce qui ne le rend pas heureux.
Mais de mon côté, je me satisfais de cette situation qui ne fait pas mon bonheur.
Alors, après avoir pensé à tout cela, j'ai compris que si je veux rester fidèle à mes idéaux, à moi-même, il faut que j'arrête de laisser filer ma vie entre mes mains, que j'agisse en fonction de
mes rêves... Il va falloir que j'arrête cette relation, simplement parce que quand on veut être heureuse, on ne peut pas l'être qu'à moitié lors de quelques soirées volées.
Vous avez dit...